Lundi 20 janvier 2020

La merveilleuse horloge astronomique
Strasbourg Occulte

Légendes
Les contes et légendes rattachés à un édifice, aussi prestigieux que la Cathédrale de Strasbourg, constituent à eux seuls, toute une épopée, plongeant leurs racines dans le monde des croyances païennes et religieuses, celui des prodiges et superstitions. Parallèlement à l'édification d'une cathédrale de pierres, l'imagination populaire, au cours des siècles, a construit une cathédrale des miracles, s'inscrivant dans un riche légendaire alsacien.


Plusieurs légendes se superposent à propos de l'horloge astronomique de la Cathédrale. Durant le Moyen Age, chaque monument de quelque importance, église ou construction civile, contenait un ou plusieurs détails particuliers qu'il fallait savoir décrire, afin de prouver qu'on avait réellement visité ces monuments.
La Cathédrale de Strasbourg possède plusieurs de ces "signes": corne de l'auroch, du Hongrois, en face de la chaire, le petit bonhomme de la balustrade de la chapelle Saint André et bien d'autres.

En font partie l'horloge astronomique et son coq chantant. Elle fut construite en 1571 par un professeur de mathématiques Dasypodius, qui en dressa les plans. On venait de tous les pays pour admirer cette oeuvre fantastique et bien des grandes villes proposèrent des fortunes au constructeur pour qu'il construisit dans leurs cathédrales des horloges aussi belles. Le mathématicien refusa toujours. Il passait sa vie à perfectionner son oeuvre. Mais il devint peu à peu aveugle. Alors il convoqua de savants mathématiciens et de mémoire, tenta de leur indiquer le secret des rouages et de leur entretien. Mais l'horloge déclina, car ce n'était plus la même main qui en guidait la marche. Les mouvements s'arrêtèrent les uns après les autres, au grand désespoir de son créateur qui en mourut de chagrin; le jour de sa mort, l'horloge sonna une dernière fois. Après un silence de plusieurs siècles, l'horloger Schwilgué, en 1840, lui rendit la vie.

Une autre version de cette légende, la plus connue, citée également par Grandidier, dans Essais sur la cathédrale de Strasbourg p. 223, note que la merveilleuse horloge célèbre par son cortège des apôtres s'inclinant devant le Sauveur, les heures que marquait la représentation de la mort, le rugissement des deux lions tenant les blasons de la ville, les cris du coq battant des ailes sur le sommet de l'horloge, en souvenir du reniement de Pierre, provoqua un tel orgueil chauvin parmi les membres du conseil de la ville, que ces derniers décidèrent de crever les yeux au mathématicien pour l'empêcher, par sa cécité, de recommencer ailleurs, un tel ouvrage.

Ils payèrent leur cruauté de la façon suivante: l'infortuné créateur de l'horloge, mutilé, implora pour être conduit une dernière fois à son chef d'oeuvre pour y parfaire un rouage. Ceci fut fait; arrivé sur place, il plongea sa main puissante parmi les rouages et en bloqua un. Depuis ce jour-là, les lions ne rugirent plus jamais et le coq ne cria et ne bougea plus.
Une troisième version dit qu'après la mutilation des yeux du créateur de l'horloge, celle-ci arrêta peu à peu ses fonctions. À sa mort, ses rouages s'immobilisèrent pour des siècles.

La tradition orale prétend également que le malheureux mathématicien était Copernic lui-même, car son portrait ornait le haut de l'horloge, Ce portrait a été peint par Tobias Stimmer et envoyé plus tard à Dasypodius par Tidemann Gysse de Dantzig. Copernic n'est jamais venu à Strasbourg et la construction de l'horloge astronomique ne fut commencée que vingt-sept ans après sa mort.

[par Pierre JUILLOT]


Le Korrigan



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