<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?><rss version="2.0"><channel><title>Dernières Chroniques des Sentiers de l'Imaginaire</title><link>http://chrysopee.net</link><description>A la une des SdI</description><copyright>© SdI 2006</copyright><language>fr</language><webmaster>chrysopee@free.fr</webmaster><image>	<title>SdI</title>	<url>http://chrysopee.net/PAO/tiny_Banniere.jpg</url>	<link>http://chrysopee.net</link></image><pubdate>Mon, 08 Mar 2010 17:26:21 +0100</pubdate><item><title>Alice au pays des merveilles [un époustouflant voyage onirique].</title><link>http://chrysopee.net/redirection_avis?ID=2073</link><description>Alice au Pays des Merveilles fait incontestablement partie du patrimoine imaginaire enfantin et ce depuis que Walt Disney a porté le chef d’œuvre de Lewis Carroll à l’écran en 1951. Mais si on se penche sur l’histoire, on se rend compte qu’elle a fait l’objet de multiples adaptations et inspirée de nombreux auteurs. Cecil Hepworth l’a portée à l’écran dès 1903  alors que le cinéma n’en n’était qu’à ses balbutiements… Dans quelques jours, Tim Burton en proposera une nouvelle adaptation cinématographique avec Mia Wasikowska dans le rôle titre et Johnny Depp dans le rôle du Chapelier fou…

Cette nouvelle adaptation BD, qui a pris corps avant le film, voit David Chauvel et le jeune Xavier Collette s’emparer de l’œuvre et nous entraîner de l’autre côté du miroir, en proposant une version graphiquement époustouflante des aventures d’Alice, renouant de façon magistrale avec la poésie, le paradoxe et le surréalisme (avant l’heure) du roman… Et quand un vieux routard scénariste s’associe à un jeune et talentueux dessinateur, on peut s’attendre à lire un petit bijou… Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on n’est pas déçu ! 
On retrouve avec plaisir l’insouciante et « extravagamment curieuse » Alice qui nous entraîne dans un univers ou le non-sens et l’excès règnent en maître alors que la raison s’efface devant la folie…

Xavier Colette montre dès la couverture, puis à chaque page, sa virtuosité et son habilité diabolique aux pinceaux… La planche présentant la chute d’Alice (voir ci-dessous) de l’autre côté du miroir est un petit bijou de composition: une chute vertigineuse rendue intemporelle par la présence des horloges, renforcée par la diagonale que forme les différentes positions d’Alice, le tout rehaussé d’un travail sur la couleur particulièrement saisissant… du grand art ! Il recompose avec talent la galerie de personnages haute en couleur du roman et pose des décors de toute beauté, nous entraînant avec une facilité déconcertante dans l’univers à la fois onirique et cauchemardesque de Lewis Carroll!

Cerise sur le gâteau, en plus de proposer une adaptation de haute volée de l’un des chef d’œuvre de la littérature enfantine, les éditions Drugstore ont concocté un livre somptueux, doté d’une jaquette à l’illustration très élégante cachant une couverture de haute volée, avec une subtile utilisation du vernis sélectif… 

Alice au Pays des Merveilles est un livre magnifique à mettre entre toutes les mains…
</description></item><item><title>Rattus [la peste soit du hasard].</title><link>http://chrysopee.net/redirection_avis?ID=2076</link><description>Rattus a tout de l’apparence d’un jeu de majorité bien qu’il faille parfois éviter de l’être… Le système de propagation évoque immanquablement celui de Pandémie mais comme le jeu n’est absolument pas coopératif (si ce n’est pour mettre des bâtons dans les roues au joueur de tête), il se veut bien plus cruel et moins hasardeux puisque c’est les joueurs qui détermineront l’endroit où la peste risque de frapper…

A son tour de jeu, un joueur peut effectuer trois actions. La première facultative, consistant à prendre une carte personnage non encore utilisée ou en possession d’un autre joueur. La seconde consiste à poser un nombre de pions égal au nombre de jetons rats dans une région au choix. La dernière étant de jouer le rôle du propagateur en déplaçant le marqueur peste vers une région limitrophe. La peste se répand alors que l’épidémie risque de faire de gros ravages parmi la population…

Les choix sont cruciaux et chacun recele un effet pervers… On ne peut poser en une fois plus de pions que de pions rats présents dans la région… Dès lors, le joueur a le choix entre se contenter de ne poser qu’un seul pion ou au contraire en poser jusqu’à 3 (ou 4 en utilisant le paysan) mais au risque de voir la région décimée par la peste et de voir ses personnages tomber comme des mouches lors du déclanchement de l’épidémie qui ne manquera pas d’avoir lieu…

Les personnages ont chacun des facultés pour le moins intéressantes et la combinaison de celles-ci sont particulièrement riches et subtiles. Mais attention, cumuler un grand nombre de personnage pourra s’avérer dangereux puisqu’ils augmentent les chances de subir les effets dévastateurs de la peste et qu’il est impossible de s’en débarrasser volontairement!

Le matériel et les illustrations collent très bien au thème, de même que la mécanique qui n’est absolument pas plaquée sur un thème inexistant…Alexandre Roche, à qui l’on doit les dessins du brillantissime Jaipur et du non moins excellent Nefertiti fait une fois de plus montre de son talent tant son travail confère un plus évident au jeu…

Rattus s’avère être un jeu simple à expliquer mais aux combinaisons ludiques multiples, aussi disputé à 2 qu’à 3 ou 4 joueurs, de part une adaptation de la carte (certaines régions sont alors inusitées) et du nombre de jetons rats au nombre de joueur… Pourtant, le jeu semble plus acharné à deux (c’est une lutte à mort) qu’à plus comme à l’instar des jeux de majorité, il faut tenter de préserver un subtil équilibre, ne pas laisser un joueur s’envoler tout en s’implantant plus ou moins durablement sur la carte…

Rattus s’avère être un excellent jeu aux parties acharnées et disputées… Jeu familial par la simplicité de ses mécanismes, il pourrait être un très bon jeu d’initiation à condition que les joueurs soient prêt à prendre des coups… et à en donner !
</description></item><item><title>l'Autre Dumas [dans l'ombre d'un géant].</title><link>http://chrysopee.net/redirection_avis?ID=2075</link><description>Adapté de la pièce de théâtre [U]Signé Dumas[U], écrite par Cyril Gely et Eric Rouquette, ce film réalisé par Safy Nebbou se propose de mettre en scène Dumas et son double, Auguste Maquet, qui a, dans l'ombre de l'un des auteurs les plus plus de la littérature, contribué à l'élaboration de ses œuvres majeures...

Si la presse n'a pas toujours été tendre avec le film, la performance des acteurs, le touchant Benoît Poelvoorde en tête, est plus bonne... Certes, il y a du Dumas en Depardieu, par sa stature, et s'il est bien difficile de savoir s'il donne du romancier une image fidèle, son interprétation est des plus convaincante. 
La mise en scène est sobre, un poil trop académique, mais met efficacement en scène ce couple étrange construite sur la fascination, l'attirance, la reconnaissance, la haine et la répulsion qui tour a tour tissent des liens entre ces deux personnages.
L'introduction de personnages féminin met en exergue leur différence, l'envie de l'un d'être l'autre mais sans en avoir l'envergure, la présence et le charisme.

L'Autre Dumas apporte une vision de ce que fut la collaboration entre ces deux personnages de plume, bien que beaucoup estiment que Dumas proposait un canevas que Maquet filait avant de le reprendre pour poser sa patte finale... Laissons aux exégètes le soin de faire la part des choses...
Le film se laisse voir avec un certain plaisir, pour la prestation des acteurs, la truculence de certains dialogues et la reconstitution historique de cette époque... 
</description></item><item><title>La Confrérie de l'Horloge [1/4] [l'ère de la vapeur].</title><link>http://chrysopee.net/redirection_avis?ID=2065</link><description>Ce premier tome des Agents de Monsieur Socrate met en scène Modo et Octavia, agents au service de la couronne, qui vont œuvrer contre les terribles machinations d'une inquiétante confrérie aux sombres dessins et aux méthodes expéditives.

Baignant dans une atmosphère victorienne fortement teintée de steampunk, le récit est prenant, rythmé et fertile en rebondissements. La description de Londres baignée de brumes et de mystères est conduite avec efficacité et pose une atmosphère délicieusement inquiétante. La galerie de méchant proposée dans ce premier tome est haute en couleur et digne des romans feuilleton qui paraissait alors dans de nombreux journaux. 
La filiation avec les romans à succès de l'époque se poursuit dans les références, de Notre Dame de Victor Hugo en passant par l'Étrange cas du docteur Jekyll de Robert Louis Stevenson ou l'île du Docteur Moreau de H. G. Wells... autant d'œuvres que les lecteurs pourront découvrir à la suite du roman...

Un héros très attachant, à la fois brillant et repoussant, doté d'une capacité physique surprenante, une intrigue sombre mais aucunement glauque mettant en scène un savant fou  œuvrant  pour une sinistre confrérie, l'écriture riche et agréable d'un écrivain talentueux... Tous les éléments sont réunis pour faire des Agents de Monsieur Socrate une tétralogie enthousiasmante qui ravira les jeunes lecteurs et leur ouvriront les portes de la littérature fantastique du XIXième...

Ce roman initiatique , qui devrait voir Modo accepter sa différence avant de pouvoir s'ouvrir aux autres et à Octavia en particulier, est un très bon roman à conseiller à tout adolescent passionné de lecture et avide de découvrir de nouveaux horizons...
</description></item><item><title>Grandville [Steampunk unchronique antropomorphique].</title><link>http://chrysopee.net/redirection_avis?ID=2074</link><description>Grandville fut pour moi l'une des heureuse surprise de ce début d'année. Une couverture au design mat non pelliculée avec vernis sélectif  soigneusement travaillé avec des incrustations argentées du plus bel effet accompagné d'une illustration intrigante qui ne peut que donner envie de feuilleter l'album.

Mêlant habilement uchronie et steampunk antropomorphique, l'album met en scène un inspecteur
fort brillant des ses déductions holmésiennes mais qui ne rechigne pas à l'action débridée, s'encombrant assez peu de morale et qui n'a rien à envier à l'inspecteur Harry pour ce qui est de ce faire justice lui même. 

XIXième siècle. Napoléon a étendu son emprise sur l'ensemble de l'Europe et l'Angleterre n'est plus qu'une pâle province de l'Empire. Deux siècles plus tard, alors que règne Napoléon XII, l'Angleterre a obtenu son indépendance suite à l'action d'anarchiste qui ont fait s'écraser un dirigeable sur la Tour Robida. 

Mêlant fait d'actualité (le 11 septembre et la théorie du complot), ambiance et personnages de la Belle époque (la grande Sarah Bernhardt  y occupe une place de choix), truffant son récit de clins d'œil aux maîtres de la peinture (de Mucha à Augustus Egg en passant par Manet) et de la bande dessinée (on y entrevoit Bécassine, y croise Spirou ou encore un Milou opiomane assez délectable), l'ouvrage se lit avec délectation. Ajoutons à cela un scénario de haute volée, mêlant action et intrigues politiques, fertile en rebondissement et en révélations fracassantes, un univers savoureux que l'auteur esquisse avec un certain talent et vous obtenez un album indispensable qui fera date.

Le dessin de Bryan Talbot est à la hauteur du scénario : superbement exécuté, tant dans ses cadrages et ses découpages cinématographiques (Le prologue de l'album est superbement mené!) qui dynamise un récit survolté, que dans le travail remarquable réalisé sur le décorum qui ancre le récit dans le steampunk. Petit bémol en ce qui concerne la couleur qui souffre des défauts de la colorisation informatique en mangeant le trait dynamique de l'auteur et en manquant souvent de profondeur...

Une postface ou l'auteur revient sur la démarche de création vient clore le récit, renforçant définitivement l'adhésion à son oeuvre...

Milady édite là ouvrage superbe, tant sur la forme que sur le fond et nous permet de découvrir our redécouvrir le travail saisissant de Bryan Talbot et son immense talent de conteur. Un album indispensable!
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