<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?><rss version="2.0"><channel><title>Dernières Chroniques des Sentiers de l'Imaginaire</title><link>http://chrysopee.net</link><description>A la une des SdI</description><copyright>© SdI 2006</copyright><language>fr</language><webmaster>chrysopee@free.fr</webmaster><image>	<title>SdI</title>	<url>http://chrysopee.net/PAO/tiny_Banniere.jpg</url>	<link>http://chrysopee.net</link></image><pubdate>Wed, 23 May 2012 22:43:29 +0100</pubdate><item><title>La fin de l'innocence [Un destin faustien].</title><link>http://chrysopee.net/redirection_avis?ID=2630</link><description><![CDATA[<A HREF='http://chrysopee.net/redirection_avis?ID=2630'><img src='http://chrysopee.net/Images/tiny_Fiches/120523090204.jpg' border=0></A>]]>Servi par un dessin dynamique de haute tenue au service d'un scénario original et sulfureux , [U]Art nouveau[/U], premier tome de [I]l'Assassin qu'elle mérite[/I], fut incontestablement l'un des albums les plus remarquables de l'année 2010.
Aux commandes de cette enthousiasmante série, Yannick Corboz et Wilfrid Lupano qui signèrent ensemble le drolatique, poétique et romantique [I]Célestin Gobe-la-Lune[/I]. On pourrait égrainer les albums scénarisés ou dessinés par ces auteurs qui sont autant de perles du neuvième art  ([I]Alim le tanneur[/I], [I]l'Homme qui n'aimait pas les armes à feu[/I] ou [I]l'Ivresse des fantômes[/I] pour  Lupanon, mais aussi le brillant [I]Voies off[/I] scénarisé par Nicolas Pothier et mis en image par Corboz) et le nom de ces deux auteurs suffisaient, la superbe couverture du premier tome et le titre intrigant de la série conférait au lecteur une furieuse envie de s'y plonger...

Par son aspect quelque peu malsain, le scénario évoque le chef d’œuvre d'Oscar Wilde, le portrait de Dorian Gray auquel Alec, dandy cynique et désinvolte, qui par jeu artistique va façonner un jeune homme pour en faire l'ennemi de la société. Lui ouvrant les portes d'un monde de plaisirs et de voluptés avant de l'en sevrer, il va attiser la haine de Victor Wickhoff envers lui et les notables nantis qui s'autorisent tout par le pouvoir de l'argent. Les écarts qui clivent la société viennoise aux premières heures du XXième siècle sont fort bien rendues et retranscrivent fidèlement l'atmosphère de ce début du siècle de même que l'antisémitisme qui s'y répand comme un poison, sur le terreau fertile de la misère. N'est-ce pas dans cette ville et sous l'impulsion du maire populiste Karl Luege élu en 1897 et sa propagande nauséabonde que s'est forgé l'antisémitisme du plus grand monstre du XXième siècle?

Le piège se referme sur Victor, alors que ses deux pygmalion se désintéressent de lui. Aveuglé par la haine et l'incompréhension, il ouvre le feu sur Alec dans un restaurant bondé et s'échappe... Recherché par la police, il va être recueilli par un ouvrier au chômage pétri d'idéologie antisémites auquel Victor, plus seul que jamais, va s'accrocher désespéramment...

Le scénario de ce tome est captivant et la fin laisse augurer une conclusion des plus intéressante. Comme de coutume,  Wilfrid Lupano a peaufiné ses dialogues avec la verve et le mordant qu'on lui connaît, étoffant par la même le caractère des différents protagoniste de ce drame social...

Le dessin de Yannick Corboz est une fois de plus d'une redoutable efficacité. Son encrage si particulier mettant en valeur les personnages en estompant le décor confère au récit un incroyable dynamisme. Le soucis du détail apporté au décor, opposant les lieux de fastes et de voluptés des quartiers huppées aux habitations étriquées des quartiers pauvres est saisissant. Son découpage de haute tenue et sont trait semi-réaliste délicieusement caricatural sert formidablement bien ce récit dont les couleurs ne dépareillent pas...

Wilfrid Lupano est décidément un conteur d'histoire hors paire qui nous entraîne dans chacun de ses univers avec une facilité désarmante... Et comme il sait s'entourer de dessinateurs for talentueux, chacun de ses albums est une délicieuse découverte... [U]La fin de l'innocence[/U] confirme tout le bien que l'on pensait du premier tome de cette série qui s'impose déjà comme l'un des chef d’œuvre du neuvième art... </description></item><item><title>Blue Estate  Tome 2 [Engrenage fatal].</title><link>http://chrysopee.net/redirection_avis?ID=2629</link><description><![CDATA[<A HREF='http://chrysopee.net/redirection_avis?ID=2629'><img src='http://chrysopee.net/Images/tiny_Fiches/120523124310.jpg' border=0></A>]]>On retrouve dans ce second tome de Blue Estate tout ce qui faisait le sel et la saveur du premier ; des personnages fouillés, une intrigue au cordeau, des dialogues incisifs, des arnaques en pagailles, le tout dans une ambiance oscillant entre le pulp et le polar noir que n'aurait pas reniée Quentin Tarentino.

L'intrigue se resserre autour de Bruce et  Rachel Maddox, sur fond de tournage de la fantastique suite de Traque mortelle, un nanar navrant dans lequel tourne la nouvelle conquête botoxée de l'inquiétant Vadim Razov. Sans les strass et les paillettes, Hollywood nous montre un visage inquiétant où sexe, alcool, drogue et violence se mêlent et s'entremêlent dans une danse frénétique. Avec ce second opus, les personnages s'enlisent un peu plus dans les emmerdes. Alyosha, dit le lion, a grandement perdu de sa superbe et dispute la palme de la mouise à Rachel Maddox qui se fait alpaguer par son mafieux de mari et son gorille alors qu'elle fourrait son nez dans ses dans ses affaires dans l'espoir de luis subtiliser quelques liasses de billets verts.

Formidable histoire chorale écrite sous la houlette der Viktor Kalvachev, le scénario de Blue Estate est parfaitement maîtrisée. Les personnages se croisent pour le meilleur, mais surtout pour le pire, au fil des embrouilles et coups tordus qui rythment ce polar glauque et flamboyant. Le dessin à plusieurs mains immergent le lecteur dans cette atmosphère pulp de façon très convaincante. Les trognes des différents protagonistes, ridicules, sensuelles ou glaçantes, posent d'emblée les personnages et le décor soigné complètent l'ambiance si particulière de cette série...

La couverture est une fois de plus une invitation à la lecture, et les couvertures de l'édition américaines reproduite dans l'album sont autant de petites merveilles de composition à côté desquelles il serait plus que dommage de passer... Blue Estate s'impose définitivement comme une série que tout amateur de polar se doit de posséder...</description></item><item><title>Verdicts [L'ultime série de Paul Gillon].</title><link>http://chrysopee.net/redirection_avis?ID=2628</link><description><![CDATA[<A HREF='http://chrysopee.net/redirection_avis?ID=2628'><img src='http://chrysopee.net/Images/tiny_Fiches/120522084558.jpg' border=0></A>]]>[I]Verdicts[/I] clôt une saisissante saga judiciaire et familiale amorcée en 2004. Scénarisé par  
Richard Malka, avocat spécialiste du droit de la presse qui signait là son premier album, et mis en image par Paul Gillon, grand maître du dessin réaliste, la série avait d'emblée séduit un large lectorat.

Construit sur une base historique solide et sur une connaissance aiguë du prétoire, plongeant ses racines dans les heures les plus sombres du XXième siècle, l'intrigue étend ses ramifications jusqu'à nos jours. On y voit une famille s'entre déchirer et se haïr au fil du temps, et une sombre vengeance patiemment tissée façon Conte de Monte Christo se dévoile au fil des tomes. Les personnages du récit sont complexes et finement travaillés, loin de tout manichéisme, conférant à la série une grande crédibilité.

Succéder à Paul  Gillon relevait bien sûr de la gageure pour Jean-Michel Ponzio, dessinateur réaliste  passionné depuis toujours par l'image et le dessin. Il parvient à créer un style hybride entre son trait photo-réaliste et ses outils numériques et le style plus classique de Gillon, s'inscrivant dans la continuité des albums précédent tout en marquant une inévitable rupture. Le cahier des charges est parfaitement bien rempli même si des esprits chagrins trouveront certaines cases par trop calquées sur photo.

Avec Verdicts  s'achève de belle des façon cette fresque judiciaire passionnante et fertile en rebondissements. S'il ne l'a pas dessiné lui même, l'esprit de Gillon, l'un des derniers monstres sacrés de la BD,  plane sur l'album, apportant une note de mélancolie à cette histoire romanesque.</description></item><item><title>Étrange Université [2/2] [un second tome jubilatoire et rafraîchissant].</title><link>http://chrysopee.net/redirection_avis?ID=2627</link><description><![CDATA[<A HREF='http://chrysopee.net/redirection_avis?ID=2627'><img src='http://chrysopee.net/Images/tiny_Fiches/120522051908.jpg' border=0></A>]]>Cette version couleur Freaks' Squeele sera à n'en pas douter l'occasion pour beaucoup de découvrir cette série jubilatoire et rafraîchissante née en 2008 (dans sa version noir & blanc) sous la plume inventive et les habiles crayons de Florent Maudoux qui signe scénario, dessin et à présent couleur de cette histoire fantastiquement ébouriffante...

Nous retrouvons donc nos jeunes apprentis héros pour un jour de détente et de farniente aux bains de la ville... De quoi oublier l'espace d'un instant le stress des exams auxquels Chance, Xiong Mao et Ombre échouent avec la régularité d'une horloge suisse. C'est d'autant plus appréciable que devait se tenir ce même jour l'épreuve de Stratégie, seule chance pour nos compère de sauver une année catastrophique... Xiong Mao est certes intriguée de voir l'école offrir à ses élèves une journée de détente dans un lieu paradisiaque mais elle se laisse rapidement gagner par l'apparente quiétude qui règne en ces lieux... Et l'arrivée des journalistes de WK9 venu effectuer un reportage sur les jeunes recrues de la F.E.A.H. n'est que le prélude de l'entourloupe concocté par les professeurs... Car l'épreuve de stratégie aura bel et bien lieu, pour les plus grand plaisir des téléspectateurs-voyeurs de la chaîne! D'ailleurs, elle a déjà commencé!

Les scènes d'actions et d'humour débridés se succèdent avec une redoutable efficacité et c'est sans temps mort, sur un rythme haletant que le lecteur dévore ce second tome, qui clos l'Etrange Université, premier noir et blanc de Freaks Squeele. Une partie de l'histoire de Xiong Mao nous est révélée alors que la sauvage rivalité entre les différents étudiants fait plus que jamais rage...

Freaks' Squeele est une série délicieuse pour laquelle l'auteur sait ne pas se prendre au sérieux pour nous offrir une histoire récréative et divertissante d'un rare dynamisme... Que du bonheur!</description></item><item><title>Furioso [Un conte philosophique plein d'ironie].</title><link>http://chrysopee.net/redirection_avis?ID=2626</link><description><![CDATA[<A HREF='http://chrysopee.net/redirection_avis?ID=2626'><img src='http://chrysopee.net/Images/tiny_Fiches/120520082549.jpg' border=0></A>]]>Furioso est un histoire d'inspiration médiéval qui peut se lire comme un conte sur la folie religieuse qui anime l'homme depuis la nuit des temps. Ce récit, plein d'ironie et de mordant, s'inscrit dans le contexte des croisades sans se référer à un contexte ou des personnage précis, l'intemporalité conférant une certain universalité au récit.

Alors qu'une guerre qui semble sans fin oppose chrétiens et musulmans, un évêque grabataire censé bénir les foules laisse échapper la lance qui perça le flanc du Christ, dans la foule de badauds réunis pour l'occasion. Elle blesse légèrement n petit tueur de rat et le peuple reprend espoir. Le clergé va faire le guerrier saint qui leur donnera la victoire... N'est ce pas Dieu qui l'a désigné avec la sainte-lance? 
Dans le camp adverse, les dignitaires musulmans cherchent à retrouver Ferragus, le Guerrier sans Heaume qui conduisit tant de fois les soldats d'Allah à la victoire... Mais ce dernier s'est retiré du monde et vit comme un animal au cœur d'une sombre forêt, pour expier une faute ancienne...

Le récit oscille entre les deux cultures, dénonçant tour à tour les fanatiques de tous poils, persuadés qu'ils sont d'être au service du Véritable Dieu et de détenir LA vérité. Les dialogues sont finement ciselés et contribuent grandement à la force de cet album qui dénonce le fanatisme, tous les fanatismes, avec finesse et subtilité.

Le dessin sobre et envoûtant de Lorenzo Chiavini qui signe son premier album en tant que scénariste est à la fois sobre et envoûtant. Son dessin très expressif ancre son récit dans le conte de façon saisissante. On retrouve le style que l'on avait pu apprécier dans l'Ours de la Spadaccia, série hélas avortée parue chez Paquet.

Furioso est un conte philosophique fort bien mené, qui prouve, si besoin était, que la BD est  un formidable média pour aborder des sujets difficiles de façon très convaincante.</description></item></channel></rss>
